jeudi 25 décembre 2014

Kratie, Cambodge

Faute de place dans un bus direct pour Banlung, capitale de la province du Ratanakiri, au nord est du pays, nous prendrons un bus pour Kratie, située à mi-chemin et bordant le Mékong. Enfin, c'était ce qui était prevu avant la panne qui nous a fait changer de bus au moment de la pause dejeuner. Nous voilà donc assis sur nos sacs dans l'allée centrale d'un bus bondé qui lui se rend... à Banlung. N'ayant payé que pour le trajet jusqu'à Kratie et vu la complexité de gestion du problème pour le staff (on a failli re-changer deux fois, puis finalement non.) nous sommes descendus, comme prévu, à Kratie. Vous suivez?

L'occasion d'aller voir les dauphins du Mékong, réduits à 70 individus au Cambodge bien qu'actuellement protégés. Il auraient été plus de 1000 avant la guerre.

Nous ferons également la connaissance de Soda, professeur de français de son état et chauffeur de tuk-tuk en dehors des heures de cours. Sa spécialité est d'emmener les gens parcourir la campagne et rendre visite aux membres de sa famille dans son village natal. L'occasion de rencontrer des locaux, qui plus est, avec un interprète. On aura eu de chouettes échanges, notamment avec son oncle et sa tante. Le thé avec son grand père était aussi un moment sympa.

A notre demande, on concluera la journée par un restaurant bien local où ne sert qu'un seul type de mets : le chien. C'est une viande au goût assez prononcé, qu'on pourrait rapprocher du gibier de chez nous, qui, bien assaisonnée et passée au barbecue et présentée sous forme de "lardons", n'est pas mauvaise. La peau est somme toute assez coriace. A consommer accompagné de vin de litchi, comme le veut la coutume.

Le lendemain matin, footing au bord du Mékong pour passer le temps en attendant le bus.



La tâche au loin, c'est un dauphin. Si, si.















Icu, on sert du chien à manger.

Sceptique? un regard en vitrine... oh, une tête de chien, c'est bien là.

Bon appétit!

mercredi 24 décembre 2014

Le bon son Khmer

On a aussi trouvé de la musique à Phnom Penh. Deux labels plutôt dynamiques et avec de bonnes productions. Klap Ya Handz pour le hip-hop avec un extrait ci-dessous? Vous pouvez aussi aller checker le Cambodian Space Project pour un peu de dub et autre. En tournée en France en juin 2015!!!








Phnom Penh

La capitale cambodgienne est située à la confluence du Tonlé Sap et du Mékong ce qui offre à la ville une ouverture agréable sur l'eau. D'autant plus que les berges sont bien aménagées. Concrètement, on sent que c'est une capitale dynamique et plus ouverte que ne l'était Yangon. On trouve beaucoup plus d'enseignes de grandes marques et le dépaysement est moins fort que dans la capitale birmane. On s'y sent bien malgré les nombreuses mises en gardes sur les vols à l'arrachée.

Malgré tout, lors d'un séjour ici, le passage obligé n'est pas forcément des plus agréables. En effet, parmi les incontournables de Phnom Penh, on compte le musée du génocide perpétué par les Khmer Rouges au début des années 1970 et le mémorial des victimes qui prend place sur l'un des nombreux champs d'exterminations du pays.

Le premier se situe au cœur de la ville, dans un lycée qui fut transformé en prison sous le gouvernement de Pol Pot. Plus qu'une prison, c'était en fait un haut lieu de torture et d'interrogatoire pour tous les opposants au régime qu'ils soient hommes ou femme, de 2 ans à vieillard. Le lieux a été conservé en l'état et y sont exposés les portraits photo noir et blanc que les Khmer Rouges prenaient soin de réaliser à chaque arrivée. Ainsi, environ 5000 visages sont présentés avant torture et parfois même après. Sur les 20 000 personnes détenues dans ce lieu au cours des années, seules 7 survécurent, toutes les autres étant mortes sous la torture ou bien déportées puis tuées dans l'un de champs d'extermination.

Le mémorial se situe à 15 km au sud de la ville. La visite frôle l'insoutenable. Au milieu des charniers vidés des principaux ossements, remontent à la surface des dents, tissus, ou os au fil des intempéries. L'horreur atteint son paroxysme au pied de l'arbre sur lequel on fracassait les crânes des enfants. On y apprend quelques devises khmer rouge du style "mieux vaut tuer un innocent que de laisser vivre un traître", "pour éradiquer le mal, il faut le prendre à la racine" (donc les enfants avec...).

Ceci dit, cela aura été l'occasion d'une balade à moto dans les environs de la ville et d'expérimenter le trafic de la capitale en deux roues.

Plus léger, la visite du Musée National du Cambodge retrace l'histoire du pays à travers des sculptures datant du Vème siecle à nos jours et constitue en partie un riche complément à la visite des temples d'Angkor.

Nous ferons l'impasse sur le palais royal, présenté comme une réplique de celui de Bangkok. On attendra Bangkok.













vendredi 19 décembre 2014

Le chemin vers le paradis?

Dans l'ambiance fiévreuse de Siem Reap, on a pris peur. Toutefois, nous sommes restés lucides et avons pris une décision réfléchie et rationnelle: LA FUITE. Bus de nuit, sièges couchettes, 12 heures de routes médiocres... à non, cinq pannes en court de route, on va arrondir à 16h... nous voici à Sihanoukville, joyau de la côte sud cambodgienne. A l'arrivée, les tuk-tuks nous sautent dessus: "Serendipity beach?". Traduire par "vous venez faire la bringue toute la nuit dans des clubs remplis d'australiens saouls comme des cochons?" Non, non, non, on veut aller à Otres beach. "Mais c'est loin du centre!" Justement.

Otres Beach est une douce bande de sable blanc bordée d'une quinzaine de guesthouse sous forme de bungalows plus ou moins charmants d'un coté et d'une eau turquoise d'un calme piscinesque ponctuée d'îles de l'autre. Après, prospection,  nous avons réussi à trouver un bungalow, certes un peu défraîchit, pour 10$ la nuit, soit la moitié du prix de tout ce qu'il y a autour et avec la salle de bain privée en prime. Dix pas pour avoir les pieds dans le sable et trois plus pour les avoir dans l'eau. On va se détendre. Au moins la journée. Parce que le soir, il y a une guesthouse qui passe de la trans à fond la caisse pour deux pelés en train de siroter un verre: LA NOTRE! C'est pas croyable, on les attirent! Enfin, les petites lignes sur la carte des cocktails précisant "pour deux achetés un joint offert" à la page des" cocktails aux champignons magiques" auraient du nous mettre la puce à l'oreille.

Heureusement, la deuxième nuit sera plus calme et nous permettra de nous consacrer pleinement à notre nouvelle activité nocturne favorite: la chasse au rat. Pour ce faire, rien de plus simpl. Prenez quelques détritus alimentaires. Placez les dans un sac plastique ad'hoc et attachez le sac à environ 1m10 du sol pour le preserver des attaques de fourmis et autre souris (celle-là, on l'a vue en entrant, on est des malins!). Endormez vous paisiblement et attendez 3h du matin que le sus-cité sac ne s'anime tout seul, accroché à son mur. Alors seulement, allumez votre lampe frontale ("putain! je vois rien avec la lampe à travers la moustiquaire!"), soulevez la moustiquaire ("je suis pas sûr de vraiment vouloir voir ce qui se passe") et là - oh putain! il fait pratiquement la taille de mon avant bras! - attrapez une claquette et visez juste! Un gros? trop facile? rendormez-vous. Enfin, essayez. On vous en remet deux plus "petits" dans l'heure qui suit. Nuit blanche garantie.

Du coup, on prend un bateau et on va sa caler sur Koh Ta Kiev, une île couverte par la jungle avec quelques bungalows littéralement "les pieds dans l'eau" pour se resourcer. Ca ressemble à s'y méprendre au Paradis, c'est tenu par des bretons et le chef prépare des plats délicieux. Baignades, barrière de corail, détente, balade dans la jungle, jus de fruits frais, chasse sous-marine (enfin, tentative), saut de falaise. Bienvenue à Coral Beach, chez Micka et Priscilia. Si vous venez dans le coin, on vous conseille fortement le détour.





 Première nuit, lit rond de 2m50, vue correcte...

 On a bien mangé on vous dit. Lasagnes poisson-épinard.




 Bon, c'est pas la voûte de la chapelle Sixtine, mais j'aurai au moins laissé une trace sur la porte des chiottes du Paradis.


Horn-bill, repu après s'être farci un insecte non identifié d'au moins 5cm de long!



 Celui-ci, il aurait même une membrane au niveau de l'abdomen pour planer. Sans dec'!


 Deuxième nuit. Pas pire.